Histoire

 

L'histoire de Beire-le-Chatel est très riche et il est difficile d'être exhaustif.
Si vous êtes curieux du passé de notre village, Henri Munier passionné par l'histoire de Beire-le-Chatel, est l'auteur d'un livre intitulé "Beire-le-Chatel Mon village !" disponible à la bibliothèque.

Voici quelques extraits tirés de ce livre.

De nombreux vestiges datant des périodes anciennes ont été découverts dans le sol de Beire-le-Chatel. Les multiples dépôts effectués au musée archéologique de Dijon en apportent le témoignage.
Notre sous-sol n'était pas moins riche : présence de marbre, mines de fer, sablières.

C'est sans doute dans la "chronique de Bèze" rédigée par le moine "Jean" au XIIème siècle que l'on découvre les premières traces écrites de l'histoire du village.

Il nous apprend que Beria faisait partie de la dotation de l'abbaye de Bèze fondée en l'an 630.
Chez le peuple celte, Ber ou Bère signifiait un lieu "plain", plaine ou campagne.
Le village afficha au cours des siècles différents noms portant la même racine :
Beria, Bera, Byère, Bère, Bère-le-Chastel, Bère l'église, Bère-le-Moustier, Bère-la-Ville, Beyre-sur-les-Thilles, Beyre-les-Mirbel, Beyre-le-Grand (sous la révolution), Beire, le Grand-Beire, le Petit-Beire et enfin Beire-le-Chatel. Une pléthore de noms pour désigner un même lieu ou deux portions de village dont la division apparaît au XIVème siècle.

En 658, Clotaire par une ordonnance royale cède au monastère de Bèze, Bériam (Beire), Treige (Spoy), Butteau (un de nos bois communaux qui devait être un lieu habité à l'époque), Véronnes, Oisilly, Blagny, Marsannay (avec douze pièces de vignes), autant de vignes à Couchey, huit pièces de vignes à Beaune, terres et vignes à Vosne, terres sur les finages de Dijon, de Longvic, une grande quantité de vignes sur Gevrey, Autrey, Talmay, Jancigny, Viévigne avec ses dépendances et les forêts des bords de tille.

L'abbaye se retrouva ainsi pourvue de solides revenus, attirant sur elle de nombreuses convoitises, engendrant des périodes de pillages et d'invasions.

Les habitants du village et des villages voisins ont subi également de nombreuses guerres, la Guerre de Trente ans (période pendant laquelle la peste et la famine sévirent dans le village), la Fronde, la Révolution, la guerre de 1870, les deux Guerres Mondiales.

Pendant la Révolution à Beire, Prudent Frontard est élu premier maire du village le 3 février 1790 (son nom sera donné à une rue de notre village). En 1794, dans l'ancienne église située à l'époque dans le cimetière), les vases sacrés sont enlevés, ainsi que 114 kilos de cuivre en provenance des chandeliers ou des lampes. Une cloche de 537 kilos sera soustraite du clocher.

D'autres maires lui succéderont dont le comte Charles de Vesvrotte pendant 17 ans.
La révolution de 1848 établit le suffrage universel et le vote des hommes à partir de 21 ans. C'est la 3ème République qui amènera nos élus municipaux, à désigner leur maire sans l'avis du préfet (élections de 1881).
A noter le record de mandats successifs détenu par Auguste Paulin-Lenoir, élu en 1888 et renouvelé pendant 36 ans.
Les maires ont eu de nombreuses difficultés dans l'administration de la commune lors de certaines périodes tumultueuses comme la construction de la nouvelle église, lors de la guerre de 1870, et les guerres suivantes.

Jules Lenoir (1847-1914) bienfaiteur de la commune, descendant d'une des vieilles familles de Beire, fils de Jules Laurent Lenoir maire du village nommé en 1854 et petit-fils de Prudent Lenoir nommé maire en 1831.
Il fit legs en 1913 par testament olographe en faveur du village, de deux lits pour être mis à disposition des habitants de Beire, l'un à l'hôpital de Dijon et l'autre à l'asile de vieillards de Champmaillot. Ces deux fondations porteront le nom de Jules Lenoir. Plusieurs béréens ont pu profiter de ce legs jusque vers les années cinquante. Il n'oublia pas ses employés dans son testament où, là encore, il se montra très généreux.
Par délibération en date du 7 juin 1914, le conseil municipal attribua à l'une des voies publiques du village la dénomination de Jules Lenoir. Approuvée le 4 janvier 1915 par décret, elle fut signée par le président de la République, Raymond Poincaré.
La maison où il est né au "Petit-Beire" dans la rue qui porte son nom, se situe
au numéro 12.

Beire-le-Chatel a été longtemps une terre à houblon. Cette plante est d'origine asiatique.
Sa culture commence en Bourgogne en 1833.
Victor Noël de Beire, statufié sur un monument dédié à son intention (place Victor Noël), (son buste en bronze a été volé lors des cambriolages récents qui ont été perpétrés dans la commune) et Alhonse Girodet de Viévigne en sont les principaux pourvoyeurs.
Favorisée par la nature argilo-calcaire de ses sols, la Côte d'Or est vite devenue le premier  producteur de houblon en France après la perte de l'Alsace et la Lorraine (qui avaient la plus forte production) sur la fin du XIXème siècle. 
A Beire, c'est sur les terres de varennes situées sur la rive droite de la Tille que les houblonnières se sont développées. La production se terminera en 1983.

Pierre Miquelet (1920-2005) habitant du village était houblonnier. Il fut longtemps président du syndicat des producteurs de houblon de la région Bourgogne. Très impliqué dans la vie de la commune il sera conseiller municipal à l'âge de 27 ans, puis élu maire durant trois mandats de 1953 à 1971. La création du réseau d'eau potable fut réalisé sous sa mandature en 1953 et les branchements aux particuliers ont eu lieu à partir de 1957.
Le 14 Juillet 2014, le conseil municipal inaugura une plaque de rue "Impasse Pierre Miquelet" au lotissement "Le Poirelot", en sa mémoire.

On cultiva également la vigne à Beire-le-Chatel. En 1876 la vigne représentait 17 hectares produisant 578 hectolitres de vin. La plupart des Béréens en avait planté plusieurs arpents. La présence de tonneliers sur Beire témoignait de l'existence de nombreuses parcelles de vigne, il y a moins d'un siècle. La dernière vendange d'un propriétaire de vignes date de 1996.

La culture du tabac remonte à 1897 pour notre département. Beire-le-Chatel trop occupé par l'activité houblonnière n'a entrepris la culture du tabac qu'après les déboires successifs de la culture du houblon.
Ils étaient encore 33 planteurs sur Beire en 1955. Ils ne seront plus que six, quinze plus tard.

Une pommeraie fut implantée dans les années 50, sur un grand terrain situé à l'extrémité Nord du village, entre la départementale et la rivière. Vingt mille arbres ont été plantés. Cette production a donné certaines années jusqu'à cent tonnes de fruits. La main d'oeuvre de la cueillette était en grande partie réalisée par les dames du village. Cette pommeraie a vécu près de 45 ans. Ces pieds furent arrachés dans les années 1990.

La laiterie : Otto Lachat originaire de Suisse arriva à Beire après la guerre 14-18 pour exploiter deux fermes du château de M. de Boissieu. Il abandonnera peu après ces fermages pour se consacrer à l'exploitation d'une laiterie qu'il va créer.
Gravement brûlé et après une très longue convalescence, il est obligé d'abandonner son travail. Il laisse au Baron de Boissieu l'administration de la laiterie.
M. de Boissieu la revend en 1934 à Otto Ferdinand Forster également d'origine Suisse, sans lien de parenté avec le précédent.
Michel Forster son fils, à partir de 1969, développera considérablement cette laiterie qui a traité jusqu'à trois millions et demi à quatre millions de litres de lait par an. 
L'entreprise employa jusqu'à  22 personnes en période de forte croissance. Divers produits seront fabriqués, notamment le célèbre "Petit-Beire", un fromage affiné encore en vente dans une grande surface proche de Beire.
Il effectuera deux mandats de maire de 1977 à 1989. C'est au cours de ses mandats que fut initié et réalisé le projet de construction de la salle polyvalente.
En janvier 1999, Michel Forster prendra sa retraite et cèdera l'activité commerciale à l'un de ses collègues.
Cette entreprise aura marqué durant 65 années la vie du village.