Portes ouvertes à la centrale hydroélectrique au moulin de Beire-le-Châtel

Portes ouvertes à la centrale hydroélectrique au moulin, samedi 6 avril 2019 de 14h à 17h

Ouverture au public avec visite commentée par l'exploitant de la centrale hydroélectrique du moulin de Beire-le-Châtel, 15 rue du château. Entrée Libre.

Depuis un an, la consommation électrique sur la commune de Beire-le-Châtel est partiellement approvisionnée en circuit court sur le territoire communal : en novembre 2017, une activité de production d’énergie renouvelable hydroélectrique a repris à Beire après une pause de 30 ans, sur le site de l’ancien moulin à eau du village. Cette décision est l’œuvre de sa propriétaire, Madeleine Mortemard de Boisse, qui a voulu faire revivre ce patrimoine au fonctionnement ancestral, l’inscrivant dans une modernité et dans une réalité intemporelles.

Une réalité, celle de la suprématie de la Tille. De tous temps, sa transparence cristalline évoquée par l’abbé Bourgeois nous réjouit, et ses fantaisies ou ses caprices nous étonnent. De tous temps, la maîtrise par l’homme de la force motrice de l’eau, actionnée selon la stricte règlementation en vigueur, trouve sa limite dans la puissance indomptable de la rivière qui à son paroxysme, force le respect et requiert prudence et protection face aux Eléments.

Une modernité, celle de l’audace de l’entrepreneur : du meunier au producteur d’hydroélectricité, concevoir et mettre en œuvre une activité actionnée par l’énergie hydraulique est un défi juridique, administratif, économique, technique, et d’abord, défi du partenariat avec la Nature.

Ici à Beire-le-Châtel, désormais chaque année, durant 6 mois de l’hiver au printemps, 400 000 kW sont produits à partir de l’énergie hydraulique de la Tille, soit l’équivalent des besoins en électricité de la moitié des foyers du village.

En pratique, cette mission de service public de fourniture de l’électricité à laquelle le producteur participe, est assumée dans un cadre législatif complexe et mouvant, parfois contradictoire tant les approches politiques peuvent être éloignées, depuis la volonté stratégique globale de développer les énergies vertes, jusqu’à l’idéal de retour à un environnement théorisé comme naturel par les administrations.

 

Le Conseil Régional et l’ADEME de Bourgogne-Franche-Comté s’inscrivant dans cette délicate double dynamique, ont soutenu la rénovation de la centrale de Beire-le-Châtel selon le cahier des charges de l’équilibre entre les enjeux énergétiques et environnementaux, incarné dans la construction d’un ouvrage de « franchissabilité piscicole » à La Brèche : la passe à poissons.

 

Fruit d’un travail d’équipe des administrations, professionnels, artisans, cultivateurs notamment béréens, la conception de la centrale et les travaux ont été menés selon les directives et sous le contrôle de la Préfecture de Côte-d’Or, en concertation avec les partenaires institutionnels de la gestion de l’eau, et en lien avec la Mairie à l’écoute des sujets apparus progressivement.

C’est dans la gratitude pour tous ces soutiens, et pour tous ceux qui de près ou de loin ont accueilli positivement cette aventure collective, que nous aurons le plaisir de vous accueillir au moulin et de vous présenter le fonctionnement de la centrale, ses ouvrages et sa turbine.

 

L’occasion d’échanger en direct avec Paul Joliet, professionnel de l’hydroélectricité qui assure le pilotage de la centrale, son exploitation et sa maintenance, et avec Laurent de Girval qui en réalise la veille quotidienne. 

  • Quelles actions lorsque la Tille est en crue ?
    Lorsque le niveau du cours d’eau monte à la suite de précipitations sur le bassin versant en amont, le producteur barragiste ouvre progressivement les ouvrages de vannage selon le niveau légal de retenue autorisé, jusqu’à leur abaissement complet : à ce stade, si l’eau continue à monter en cas de crue, la centrale n’a plus d’action régulatrice de la force du débit ni de la hausse du niveau des eaux de la rivière revenue à son état sauvage : c’est toujours en tenant compte de cet aléa incompressible de l’impossibilité de maîtriser l’eau en cas de crue, que les riverains doivent appréhender et anticiper les questions de sécurité des personnes et des biens alentours.
  • Les impacts de l’activité de production hydroélectrique en situation courante :
    - Sur la qualité de la faune et la flore : nettoyage des embâcles, entretien des berges,  transport sédimentaire via une vanne adaptée à la Brèche.
    - Sur la rivière : linéarité de son niveau par la régulation graduelle du barrage au moulin et des déversoirs à la Brèche et au moulin.
    - Sur la vie locale : présence du producteur barragiste, expert de la vie de la Tille et à ce titre pouvant être référent des riverains et des divers acteurs de la gestion et usagers de la Tille moyenne.

  • Comment réagir face à l’étiage ?
    Être patient ! Le producteur n’a aucune capacité d’action sur le niveau de l’eau lorsque la Tille baisse puis se retire, c’est-à-dire dès que son approvisionnement par la pluie s’avère insuffisant compte-tenu des pertes karstiques vers la Bèze. La durée de ce phénomène local annuel est imprévisible et s’étend globalement de juin à novembre.

 

Renseignements :
Bénédicte Lecoeur

Centrale du Moulin de Beire
SAS Beire Energie Environnement
15 rue du château 21310 Beire-le-Châtel beire.energie@gmail.com
06 68 28 41 82.